Vivre avec l’aphantasie
L’aphantasie expliquée
Vivre avec l’aphantasie
Quand l’imagination visuelle est absente
Vous est-il déjà arrivé de lire un roman sans jamais « voir » les personnages dans votre tête ?
Ou de ne pas réussir à vous représenter le visage d’un proche, même les yeux fermés ?
Peut-être avez-vous déjà entendu des expressions comme « imagine une plage » ou « visualise ton avenir », sans jamais comprendre comment les autres y parviennent.
Si ces situations vous parlent, il est possible que vous soyez aphantasique.
L’aphantasie reste encore largement méconnue du grand public, et pourtant, elle concerne bien plus de personnes qu’on ne le pense. Beaucoup découvrent ce fonctionnement très tard, parfois par hasard, en réalisant que leur manière de penser n’est pas universelle.
Qu’est-ce que l’aphantasie ?
L’aphantasie désigne la difficulté, voire l’incapacité totale, à créer des images mentales volontaires.
Concrètement, lorsqu’une personne non aphantasique ferme les yeux et imagine une pomme rouge, elle peut en percevoir la forme, la couleur, parfois même la texture. Une personne aphantasique, elle, ne voit rien visuellement.
Son esprit peut rester noir, vide ou simplement dépourvu d’images, même si elle comprend parfaitement ce qu’est une pomme sur le plan intellectuel.
Il est important de préciser que l’aphantasie n’est ni une maladie ni un trouble psychiatrique. Il s’agit d’une particularité neurologique du fonctionnement cognitif. Les chercheurs estiment qu’environ 2 à 5 % de la population serait concernée, même si ce chiffre pourrait être sous-évalué, faute de diagnostic formel.
Certaines personnes sont aphantasiques depuis toujours, d’autres développent une aphantasie acquise à la suite d’un traumatisme, d’un choc émotionnel ou neurologique.
Aphantasie et imagination : une idée reçue
L’un des plus grands malentendus autour de l’aphantasie concerne l’imagination.
Ne pas voir d’images mentales ne signifie absolument pas ne pas avoir d’imagination.
Les personnes aphantasiques imaginent autrement. Leur imagination peut être conceptuelle, verbale, émotionnelle, sensorielle ou logique. Elles peuvent créer des histoires, composer de la musique, résoudre des problèmes complexes, écrire, inventer, réfléchir profondément… sans jamais passer par l’image mentale.
L’imaginaire n’est pas exclusivement visuel. Il existe de nombreuses façons de penser et de créer. Bon, là, je parle des autres, car moi, je n’ai aucune imagination. Je suis aussi alexithymique !
Les signes de l’aphantasie
Vous pourriez être concerné(e) par l’aphantasie si :
- vous êtes incapable de visualiser mentalement des personnes, des objets, des lieux ou des scènes
- les exercices de visualisation guidée (méditation, hypnose, sophrologie, relaxation) vous semblent impossibles, abstraits ou frustrants
- vous avez du mal à vous souvenir des visages, même de proches
- vos souvenirs ne prennent pas la forme d’images, mais de faits, de mots, de ressentis ou d’émotions
- vous fonctionnez davantage par raisonnement, langage intérieur ou sensations corporelles
- vous avez longtemps cru que « visualiser » était une simple façon de parler
Beaucoup de personnes découvrent leur aphantasie à l’âge adulte, parfois après une discussion anodine, un test en ligne ou un article comme celui-ci. Cette découverte peut être à la fois rassurante et déstabilisante.
Aphantasie, mémoire et souvenirs
L’aphantasie influence la manière dont les souvenirs sont stockés et rappelés.
Là où certaines personnes se remémorent une scène comme un film, les personnes aphantasiques se souviennent plutôt de faits, de contextes, de dialogues, d’émotions ou de sensations corporelles.
Cela ne signifie pas une mauvaise mémoire. Elle est simplement différente.
Certaines personnes aphantasiques possèdent une excellente mémoire verbale ou analytique, tandis que d’autres ont une mémoire émotionnelle très fine.
Aphantasie et neuroatypie
L’aphantasie est souvent associée à d’autres formes de neurodivergence. On la retrouve plus fréquemment chez des personnes autistes, TDAH, dys, ou présentant une hypersensibilité sensorielle.
Cela ne veut pas dire que toutes les personnes autistes sont aphantasiques, ni que toutes les personnes aphantasiques sont autistes. Mais il existe des recoupements intéressants dans la manière dont le cerveau traite l’information.
Dans un monde largement pensé pour les personnes neurotypiques, ces fonctionnements différents sont encore trop peu pris en compte, notamment dans les approches thérapeutiques.
Aphantasie et thérapies basées sur la visualisation
L’aphantasie peut devenir problématique lorsque les accompagnements proposés reposent exclusivement sur l’imagerie mentale.
C’est souvent le cas en hypnose classique, en méditation guidée, en relaxation ou dans certaines approches de développement personnel.
Les personnes aphantasiques peuvent alors se sentir en échec, inadaptées ou « mauvaises élèves », alors que le problème ne vient pas d’elles, mais de la méthode utilisée.
👉 Il existe heureusement de nombreuses alternatives : travail sur les sensations corporelles, les émotions, les mots, les métaphores verbales, la respiration ou encore l’ancrage dans le présent.
Vivre avec l’aphantasie au quotidien
Être aphantasique ne rend pas la vie moins riche, mais elle peut la rendre différente.
Certaines personnes vivent très bien avec leur aphantasie sans jamais la questionner. D’autres ressentent un manque, une frustration ou un sentiment de décalage.
Le plus important est de comprendre son propre fonctionnement pour cesser de se comparer aux autres.
Apprendre autrement, créer autrement, se détendre autrement.
👉 L’aphantasie n’est pas un défaut à corriger, mais une réalité à intégrer.
Pourquoi parler de l’aphantasie ?
Parler de l’aphantasie permet :
- de mettre des mots sur un fonctionnement souvent incompris
- de sortir de l’isolement
- d’adapter les méthodes d’apprentissage, de soin et de développement personnel
- de faire évoluer le regard de l’entourage
- de reconnaître la diversité des fonctionnements cognitifs
Plus l’aphantasie sera connue, plus les personnes concernées pourront se sentir légitimes dans leur manière d’être et de penser.
Vous vous reconnaissez ? Parlons-en
Si vous pensez être aphantasique, sachez que vous n’êtes pas seul.
Il est possible de mieux comprendre votre fonctionnement, d’identifier vos forces et de trouver des outils adaptés à votre manière de percevoir le monde.
👉 Vous pouvez me contacter via ma page contact pour échanger autour de votre expérience de l’aphantasie.
Ensemble, nous pourrons explorer des approches respectueuses de votre fonctionnement, sans visualisation forcée, et avancer vers une meilleure connaissance de vous-même.
FAQ – Questions fréquentes sur l’aphantasie
Qu’est-ce que l’aphantasie exactement ?
L’aphantasie est l’incapacité ou la grande difficulté à créer des images mentales volontaires. Les personnes concernées ne visualisent pas dans leur esprit, même si elles comprennent parfaitement les concepts.
L’aphantasie est-elle une maladie ?
Non. L’aphantasie n’est pas une maladie ni un trouble psychiatrique. Il s’agit d’une particularité neurologique du fonctionnement cognitif.
Peut-on être créatif quand on est aphantasique ?
Oui. La créativité ne dépend pas uniquement de l’imagerie mentale. Les personnes aphantasiques peuvent être très créatives à travers les mots, la musique, la logique, les émotions ou les sensations.
L’aphantasie est-elle liée à l’autisme ?
Il existe des liens fréquents entre aphantasie et neuroatypie, notamment l’autisme ou le TDAH, mais ce n’est ni systématique ni exclusif.
Peut-on développer une aphantasie plus tard dans la vie ?
Oui. Certaines personnes développent une aphantasie acquise à la suite d’un traumatisme, d’un choc émotionnel ou neurologique.
Existe-t-il des solutions pour mieux gérer l’aphantasie ?
Oui. Il est possible d’adapter les méthodes de relaxation, de thérapie et d’apprentissage en utilisant des approches non visuelles, plus adaptées au fonctionnement aphantasique.