Erreurs de diagnostic

Erreurs de diagnostic : autisme ou trouble borderline ?

Je vous rappelle que je ne suis pas une professionnelle de santé, mais que je vis la réalité de l’autisme depuis 59 ans. Diagnostiquée tardivement après une vie cauchemardesque, j’ai appris à comprendre ce que c’est d’être autiste dans un monde qui ne nous comprend pas toujours. Aujourd’hui, je veux parler d’un sujet qui me touche : les erreurs de diagnostic entre l’autisme (TSA) et le trouble de la personnalité borderline (TPB). Trop souvent, on confond les deux, et ça peut faire mal à ceux qui cherchent à se comprendre.

Pourquoi tant d’erreurs de diagnostic ?

harcelementLes erreurs de diagnostic entre l’autisme et le trouble borderline sont fréquentes, et ça vient de plusieurs problèmes. D’abord, beaucoup de psys ne sont pas formés sur l’autisme. Pendant longtemps, on a cru que le TSA, c’était seulement des enfants non verbaux ou des garçons avec des comportements très visibles. Les autistes comme moi, adultes ou femmes, qui ont appris à masquer leurs différences, passent souvent inaperçus. On nous voit comme bizarres, mais on ne creuse pas plus loin. Le trouble borderline, lui, est plus connu des professionnels, surtout en psychiatrie, alors c’est une étiquette qu’ils posent plus facilement.

Ensuite, les deux conditions peuvent se ressembler en surface. Les autistes et les personnes borderline peuvent avoir des émotions très fortes, des relations compliquées, ou des réactions qui semblent impulsives. Mais si on ne regarde que ça, on rate l’essentiel. Moi, par exemple, je suis souvent submergée par mes émotions, mais à cause de trop de bruit ou de stress, pas à cause d’une peur qu’on m’abandonne. Pourtant, un psy qui ne connaît pas bien l’autisme pourrait voir ça et penser borderline.

Un autre problème, c’est qu’on apprend à masquer nos différences pour s’adapter. Moi, pendant des années, j’ai imité les autres pour ne pas être rejetée, et ça m’a épuisée. Ce masque peut créer du stress, de l’anxiété, ou des comportements qui ressemblent à ceux du trouble borderline, comme des crises ou une peur de ne pas être aimé. Enfin, les autistes ont souvent d’autres soucis, comme l’anxiété ou des traumatismes.

Des ressemblances qui prêtent à confusion

Sur le papier, l’autisme et le trouble borderline peuvent sembler proches. Dans les deux cas, on peut avoir des émotions qui débordent, des relations qui paraissent compliquées, ou des moments où l’on agit sans réfléchir. On peut aussi être très sensibles au rejet ou se sentir vides, perdus, comme si on ne savait pas qui on est. Moi, après des années à masquer mon autisme, j’ai souvent eu l’impression d’être vide, épuisée par l’effort de paraître normale. Et puis, le stress ou les traumatismes peuvent amplifier tout ça, qu’on soit autiste ou borderline.

Les différences qui comptent

actingMais si on creuse, les différences sont claires. Dans le trouble borderline, les émotions fortes viennent surtout des relations. Une personne borderline a une peur terrible qu’on l’abandonne, et c’est ça qui déclenche ses crises ou ses changements d’humeur. Moi, en tant qu’autiste, mes émotions débordent quand le monde devient trop pour moi : trop de bruit, trop de changements, trop de choses que je ne comprends pas. Ce n’est pas une histoire d’abandon, c’est une question de surcharge.

Une autre différence, c’est notre besoin de routine. Moi, si mes habitudes changent, je panique, je me sens perdue. Les autistes ont besoin de repères, de stabilité, et on a souvent des sensibilités particulières : le bruit, la lumière, certaines textures, ça peut nous mettre à bout. Quelqu’un de borderline n’a apparemment pas ça. Il peut être bouleversé par une dispute ou une séparation, mais pas par un changement de plan ou un environnement trop intense.

Et puis, il y a la façon dont on vit les relations. Une personne borderline comprend les règles sociales, mais ses émotions intenses abîment ses liens avec les autres. Moi, j’ai toujours eu du mal à comprendre ces règles, à saisir ce qu’on attend de moi. Mes difficultés viennent de ma façon de penser, pas de mes émotions. Enfin, quand une personne borderline agit sans réfléchir, c’est souvent pour gérer une douleur ou chercher l’attention des autres. Moi, si je perds le contrôle, c’est pour me calmer, pour évacuer une pression que je ne supporte plus.

Et maintenant ?

Ces erreurs de diagnostic, ça fait mal. Moi, j’ai mis 59 ans à comprendre que j’étais autiste, et je sais ce que c’est de vivre sans les bonnes réponses. Si vous avez un doute sur un diagnostic de borderline, surtout si vous ressentez des choses typiques de l’autisme, comme un besoin de routine ou une sensibilité au bruit, parlez-en à un spécialiste de l’autisme. Cherchez un neuropsychologue ou un centre comme les CRA en France. Et si vous avez des proches concernés, écoutez-les, soutenez-les. Parfois, on se comprend mieux entre nous, parce qu’on vit les mêmes choses.

Merci de nous faire part de votre expérience en commentaire.

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